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11 oct 2009 Un heureux événement. Roman.

Parfois il y a des moments où le choix d’une lecture est à l’inverse de ce que l’on souhaite vraiment. Prenez ce matin. Une balade nonchalante dans mon quartier m’a conduite sur le chemin du retour à passer à la bibliothèque prendre quelques pages avec lesquelles tromper mon ennui. La télé est tombée en panne hier matin et j’ai finalement grand besoin de retrouver le rythme calme de la lecture. Soit.

Quelques récents articles de mes quotidiens préférés sont consacrés à la sortie de « Sépharade », le nouveau roman d’Eliette Abecassis. Je me mets donc en quête de l’allée de auteurs avec un grand A pour tenter de voir si par le plus grand des hasards cette nouveauté était – toujours ou déjà – disponible. J’avais découvert l’écriture de l’auteure dans le roman historique Qumran et mon actuelle curiosité était attisée par le titre « Sépharade », comme la présentation exhaustive d’une culture pourtant terriblement en mouvement mais également parce que le sujet était en rapport avec une partie de ma culture personnelle.

Arrivée à « ABEC », pas de trace de « Sepharade ». 2 ouvrages disponibles. Mon regard se porte sur le premier, à la couverture dorée : « Un heureux événement ». Le regard de l’auteure vous transpercent de ses yeux sombres sur la 4e de couverture – regard profond accompagné d’une citation issue du livre : « Désormais ma vie ne m’appartenant plus. Je n’étais plus qu’un creux, un vide, un néant. Désormais, j’étais mère ».

Je refuse depuis toujours de lire des livres sur la Maternité, fuyant ce qui me paraît absolument hors de ma portée. heureuxEL’ouvrage s’ouvre sous mes doigts à la page 18 : « Après mûre réflexion, j’ai noté dans mon carnet les (…) bonnes raisons de faire un enfant. (…) Par Amour, par Ennui et par Peur de la Mort ». » Et puis quelques pages plus loin : « La vie est un chaos dans lequel certains s’évertuent à mettre un peu d’ordre : les seules qui n’ont pas peur du corps, qui n’ont pas la vie en horreur s’appellent les médecins. Les autres mortels se réfugient dans l’illusion que la vie est spirituelle et que la naissance est amour ». Et si pour une fois, je m’autorisais à déroger à ma règle, que je me plongeais dans ce sujet tabou et que je tentais de comprendre un point de vue ?

Barbara et Nicolas s’aime, d’une passion folle. Il décide du jour au lendemain d’avoir un enfant. Dès que départ, je sens que l’histoire personnelle de l’auteur transparaît à chaque ligne. Enfin une version de la grossesse et des premiers mois qui ne respirent pas l’ambianceasseptisée et idyllique des publicités pour les couches ou les laits pour bébé. Eliette Abecassis parle avec une sincérité teintée de cynisme de cette période de la vie d’une femme mais également de la vie du couple, de son évolution, de sa révolution fatalement (ou pas) apportée par la naissance d’un enfant.

Je me prends à penser au fil des pages : comment font mes amies pour sauvegarder leur couple avec l’arrivée d’un enfant ?

L’auteure mène le point de vue que j’ai sur la maternité – avouons-le pas très positif – jusqu’au milieu du livre. Puis le récit évolue, non pas sous l’impulsion première du personnage principal mais de son entourage : « Le couple est appelé à changer dès lors qu’à la naissance d’un enfant, une femme devient mère et qu’un homme doit prendre la place du père. L’enfant qui arrive dans une famille remet en cause son équilibre, cette arrivée fait évoluer aussi les rôles des membres de cette famille, c’est une ouverture par rapport aux impasses, aux répétitions morbides, une arrivée qui est une porte qui s’ouvre, et qui ne doit pas être une porte qui se ferme. ».

On rencontre Barbara amoureuse. On la voit sombrer dans le désespoir de n’être plus qu’une mère. On souffre et on suit l’évolution psychologique de cette nouvelle femme qui se (re)construit et qui comprend que sa maternité l’a aussi révélée humaine, fragile mais étonnamment consciente de la vie. « Tout d’un coup, j’eus une nausée, une nausée intense, qui me donna envie de me jeter par terre. Quelque chose de profond qui montant en moi sans me lâcher. Le sentiment de l’existence même, d’être en dehors de soi ? Oui, c’est ça, j’existais. »

Eliette Abecassis

Pour vous mettre davantage l’eau à la bouche….

Ce que j’ai également bien aimé chez Eliette Barbara, c’est qu’elle lit ELLE, qu’elle avoue qu’elle dévore les « Spécial Régime » tout comme les falafels de chez MiVaMi  et les tartes du « Loir dans la théière » dans le marais. Beaucoup d’humour aussi, avec un succulent passage où la belle mère (BM), envahissante,  apporte une carpe vivante dans la baignoire de l’héroïne, en prévision d’un savoureux (?) Gefielte Fish.

Eliette Abecassis. Un heureux événement. Roman chez Albin Michel. 223 pages.
Crédit photo : Kai Jünemann.

29 sept 2009 In her shoes

affiche_In_Her_Shoes_2004_3Un petit film de filles que j’avais déjà regardé il y a quelques années et qui me fait toujours autant de bien : In Her Shoes.

Outre le fait que ce film intègre une collection indécente de Jimmy Choo (ahhhhhhhhh!), il détaille sous un angle tendre les rapports qui peuvent résister – malgré les épreuves – entre 2 soeurs mais également des secrets de famille, du temps qui passe (et qui ne se rattrapera jamais, non ma bonne Lucette) et de la vieillesse. Toni Collette – l’avocate carriériste et qui tire la langue pour garder un homme – me fait pouffer de rire parce qu’elle me fait penser à moi (mon rapport au boulot) tandis que Cameron Diaz – séductrice paumée – me donne envie de refaire des abdos-fessiers.

Ce qu’on découvre au fur et à mesure, c’est que ce petit film qui commence comme une adaptation de Chick-Lit (littérature pour filles) est plus profond qu’il n’y paraît.

Bien sûr, il y aura un happy end, bien sûr la Cameron est toujours bien gaulée et mise en valeur – mais le film traite également des rapports inter-générationnels, de la capacité de changement de chacun et surtout du lien inaltérable qui unit 2 soeurs :

« on pourra dire qu’elle pourrit la vie, qu’elle est insupportable, invivable et ingérable. on pourra dire tout sur elle mais ça ne changera rien, elle sera toujours dans mon coeur puisque c’est ma soeur ».

02 mar 2009 By Gainsbourg

La connerie, c’est la decontraction de l’intelligence.

Bon lundi a tous !